Secteur THR à Madagascar : quel impact sur l’économie ?

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Quand un voyageur réserve une chambre, déjeune au restaurant ou participe à une excursion à Madagascar, les retombées économiques vont bien au-delà de l’établissement qui l’accueille. Le THR (Tourisme, Hôtellerie, Restauration) fait vivre un vaste réseau de professionnels dans différentes régions du pays.

Malgré les difficultés rencontrées, ce secteur reste l’un des piliers de l’économie malgache. Son impact sur l’emploi, les revenus et le développement des territoires en fait un domaine stratégique pour l’avenir de la Grande Île. Voici pourquoi.

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Le THR, créateur de richesse pour tout le pays

Le THR alimente toute une chaîne d’activités.

Une contribution directe et indirecte au PIB

Le poids économique du tourisme ne se limite pas aux revenus encaissés par les hôtels, restaurants, agences de voyage ou sites de loisirs. Chaque activité touristique génère des dépenses auprès de nombreux professionnels :

  • achats de produits agricoles ;
  • recours aux transports ;
  • travaux d’aménagement ;
  • commandes auprès d’artisans ou consommation dans les commerces de proximité.

En tenant compte de ses effets directs et indirects, le tourisme contribuerait entre 13% et 15% au PIB national. [1]

Une source stratégique de devises

Madagascar a besoin de devises étrangères pour financer ses achats à l’étranger et faire fonctionner son économie. Le tourisme y contribue directement. Hébergement, restauration, déplacements ou excursions, chaque dépense effectuée par les voyageurs internationaux alimente le circuit économique local.

Sur les quatre premiers mois de 2026, les recettes touristiques auraient atteint environ 536 milliards d’ariary [2]. Ces ressources financières restent indispensables à la stabilité macroéconomique du pays et contribuent à soutenir les entreprises du secteur.

Le développement du tourisme constitue donc un enjeu économique majeur. Plus l’île gagne en attractivité, plus elle consolide cette précieuse source de revenus.

Un moteur d’emplois incontournable

Le THR occupe aussi une place importante dans la création d’emplois.

Des métiers variés et des opportunités à tous les niveaux

C’est un secteur à forte intensité de main-d’œuvre. Il mobilise une grande diversité de métiers, de l’accueil à la cuisine, du service à la gestion hôtelière, en passant par le guidage, le transport et l’organisation de séjours.

À ces postes directs s’ajoutent tous les besoins indirects. Pour fonctionner, s’approvisionner ou entretenir leurs équipements, les établissements font appel à une multitude de partenaires locaux. Les retombées économiques s’étendent au-delà des services d’hébergement.

Artisanat

Vannerie, sculpture sur bois, broderie, travail de la pierre… La clientèle touristique offre un débouché précieux pour valoriser ce savoir-faire traditionnel.

Événementiel et culturel

Festivals, mariages, séminaires d’entreprises dépendent directement des infrastructures hôtelières et de la qualité des services de restauration.

Agrobusiness local

Pêcheurs, vanilliculteurs, éleveurs et agriculteurs trouvent dans les hôtels et restaurants des partenaires pour écouler leurs produits frais.

Ainsi, l’essor d’un seul établissement suffit à dynamiser toute une communauté. 

Selon les données officielles du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat (MTA), le secteur compte un total cumulé de 59 742 emplois en 2025. La filière a généré 2 035 nouveaux emplois directs : 

  • 1 584 emplois dans l’hôtellerie et la restauration (HR).
  • 451 emplois dans les entreprises de voyage et de prestations touristiques (EVPT)

La création de ces postes s’est intensifiée lors des périodes de haute affluence, avec 583 emplois créés au deuxième trimestre et 597 au troisième trimestre de l’année. [3]

Un impact fort sur les zones rurales et les régions défavorisées

Le tourisme ne profite pas uniquement aux principales destinations de Madagascar. Contrairement aux services financiers ou aux industries, souvent concentrés dans les grandes villes comme Antananarivo, le THR se développe aussi dans les territoires plus éloignés.

Cette activité crée des emplois et de nouvelles sources de revenus, là où les possibilités professionnelles restent parfois limitées. À Nosy Be, dans l’Isalo, à Sainte-Marie comme autour de l’Allée des Baobabs, les activités touristiques s’ancrent directement au cœur des territoires et du quotidien des communautés locales. 

Dans des régions parfois enclavées, le tourisme représente une source de revenus importante pour de nombreuses familles. Un éco-lodge situé aux abords d’un parc national peut, par exemple, faire travailler des habitants comme guides ou s’approvisionner auprès des maraîchers voisins. 

Les défis du secteur THR et le rôle stratégique de la formation pour son avenir

Pour transformer son potentiel touristique en atout économique, Madagascar se doit de maintenir ses efforts afin de soutenir la croissance du THR. 

Des infrastructures encore insuffisantes

Le réseau routier dégradé rend les déplacements longs et coûteux, aussi bien pour les visiteurs que pour les opérateurs. Côté aérien, la desserte constitue également un enjeu majeur. L’irrégularité des vols domestiques et le prix des liaisons internes découragent parfois les voyageurs qui souhaitent découvrir plusieurs régions. 

À cela s’ajoutent les investissements encore nécessaires pour renforcer l’attractivité touristique du pays. Améliorer les infrastructures, la connectivité et les équipements reste essentiel pour accueillir davantage de visiteurs dans de bonnes conditions.

Un besoin de compétences et de professionnalisation

L’hospitalité naturelle des Malagasy est bien connue, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à répondre aux standards attendus. Pour renforcer la qualité de son offre et attirer une clientèle internationale, le secteur doit investir massivement dans son capital humain.

Cela implique de : 

  • Garantir une rigueur absolue sur les normes d’hygiène, notamment en cuisine, la sécurité et les autorisations réglementaires.
  • Élever les standards de service en salle et de gestion hôtelière.

La réponse à ces défis passe par la formation professionnelle. Former les équipes actuelles et préparer les jeunes talents aux exigences du marché contribue à structurer les entreprises et à améliorer la qualité de l’accueil sur l’ensemble du territoire. 

Conclusion

Le secteur du THR contribue largement à l’économie de Madagascar.Il crée des emplois, soutient les acteurs locaux et génère des devises pour le pays.

Pour poursuivre sa croissance, la filière doit relever plusieurs défis : améliorer les infrastructures, renforcer la qualité des services et former davantage de professionnels qualifiés.

Le CTHR contribue à ces objectifs en accompagnant les talents et les entreprises du secteur grâce à des formations pratiques en cuisine, en service et en hygiène, entre autres.

Références 

[1] : Madagascar: Le tourisme replacé au coeur des priorités

[2] : 12e édition du salon ITM : « 600 000 touristes prévus en 2028 »

[3] : Statistiques du tourisme

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